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Fiscalité & Coûts

Vendre la maison familiale du vivant de maman : quels sont vos droits ?

Aylin Mustafa
Aylin Mustafa
16 min. de lecture
Vendre la maison familiale du vivant de maman : quels sont vos droits ?

Dans beaucoup de familles, la même question finit par surgir : peut-on vendre la maison du vivant de maman, et les enfants ont-ils leur mot à dire ? La maison parentale est chargée d'émotion et est souvent perçue spontanément comme « notre héritage ». Sur le plan juridique, c'est différent. Tant que votre mère est en vie et capable de discernement, elle dispose dans la plupart des cas du pouvoir de décision sur son bien. Il existe cependant des nuances importantes, surtout si votre père est déjà décédé et qu'il y a usufruit et nue-propriété. Dans ce guide, nous exposons clairement les grandes lignes dans le contexte belge.

1. Vendre la maison du vivant de maman : le principe de base

Le point de départ est simple : celui qui est plein propriétaire d'un bien peut le vendre, le louer ou le donner librement, sans l'accord des enfants. Tant que votre mère est la seule pleine propriétaire, elle décide seule :

  • si la maison est vendue ;
  • à qui elle est vendue ;
  • ce qu'il advient du produit de la vente.

Les enfants n'ont un droit juridiquement exigible sur la succession qu'au moment du décès, pas avant. L'expression « c'est notre héritage » est compréhensible sur le plan affectif, mais juridiquement, elle ne prend sens qu'à l'ouverture effective de la succession. Comme le confirme la Fédération du Notariat belge, aussi longtemps que les deux parents sont en vie - ou que le parent survivant est plein propriétaire - ils peuvent disposer librement de leurs biens sans devoir consulter leurs enfants.

Ce principe vaut quelle que soit la valeur du bien ou l'ancienneté de la propriété dans la famille. Il n'existe pas de règle de « prescription affective » qui ferait qu'une maison habitée depuis trente ans deviendrait automatiquement un bien familial indivisible.

2. Situation 1 : maman est pleine propriétaire

Dans un premier scénario, votre mère est aujourd'hui la seule propriétaire de la maison. Cela peut être parce que :

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  • elle a autrefois acheté la maison seule ;
  • au décès de votre père, elle a obtenu la pleine propriété par contrat de mariage ou par clause ;
  • lors de partages antérieurs, la maison lui a été entièrement attribuée.

Dans ce cas :

  • votre mère peut vendre la maison seule, sans la signature des enfants ;
  • le produit intégral de la vente lui appartient ;
  • si elle souhaite ensuite donner une partie du produit aux enfants, c'est son libre choix.

Dans cette situation, les enfants ne peuvent pas saisir le tribunal pour bloquer la vente au seul motif qu'elle les affecte moralement. Seul un abus - par exemple lorsque le parent est manifestement incapable de discernement et qu'il est induit en erreur - peut justifier une protection par le biais d'une administration ou d'autres mesures.

Vendre à l'un des enfants : attention aux règles fiscales

Une situation fréquente est celle où votre mère souhaite vendre la maison non pas à un tiers, mais à l'un de ses enfants. C'est juridiquement possible, mais plusieurs points méritent attention :

  • La vente doit se faire à la valeur du marché. Si le prix est manifestement inférieur à la valeur réelle, la différence peut être requalifiée en donation déguisée par le notaire ou l'administration fiscale.
  • L'enfant acquéreur paie les droits d'enregistrement habituels (en Wallonie : 12,5 % ou 6 % sous conditions ; en Flandre : 3 % sous conditions du « tarif réduit famille » ; à Bruxelles : 12,5 % ou 6 % sous conditions). Ces taux s'appliquent comme pour n'importe quel acheteur.
  • Si une partie du prix est intentionnellement basse pour avantager un enfant, les autres enfants pourront invoquer ce déséquilibre lors du règlement de la succession.

Pour éviter toute contestation ultérieure, il est conseillé de faire établir une estimation indépendante avant la vente et de la conserver comme pièce justificative.

3. Situation 2 : maman a l'usufruit, les enfants sont nus-propriétaires

Il arrive très souvent que votre père soit déjà décédé et que votre mère dispose de l'usufruit sur la maison familiale, tandis que les enfants héritent de la nue-propriété. Cela signifie :

  • maman peut continuer à habiter la maison ou à la louer (droit d'usage et de perception des revenus) ;
  • les enfants sont juridiquement « propriétaires du fonds », mais sans droit d'usage tant que l'usufruit court.

Si vous souhaitez dans cette situation vendre la maison du vivant de maman, une collaboration s'impose :

  • votre mère, en tant qu'usufruitière, doit marquer son accord sur la vente ;
  • tous les enfants - nus-propriétaires - doivent également marquer leur accord et signer chez le notaire.

Lors de la vente, deux choses se passent généralement :

  1. L'usufruit de maman est converti en une valeur monétaire (sur la base de tables actuarielles selon l'âge).
  2. Le produit de la vente est réparti entre maman et les enfants selon les règles de l'usufruit et de la nue-propriété.

La valeur de chaque droit est ainsi correctement prise en compte. Votre mère peut ensuite, par exemple, conserver une partie de sa quote-part pour son entretien et éventuellement en donner une partie.

Comment la valeur de l'usufruit est-elle calculée concrètement ?

Le notaire applique des tables actuarielles officielles (tables de mortalité de l'Institut National de Statistique) pour calculer la valeur de l'usufruit en fonction de l'âge de votre mère au moment de la vente. Plus elle est âgée, plus la valeur de l'usufruit est faible - et donc plus grande est la part revenant aux nus-propriétaires. À titre d'exemple indicatif :

  • À 70 ans, la valeur de l'usufruit représente environ 25 à 30 % de la valeur totale du bien ;
  • À 80 ans, cette proportion tombe à environ 15 à 20 % ;
  • À 85 ans et au-delà, l'usufruit peut valoir moins de 10 % selon les tables.

Ces chiffres sont fournis à titre indicatif : seul le notaire peut calculer le montant exact applicable à votre situation. Il est aussi possible, si toutes les parties sont d'accord, de ne pas convertir l'usufruit en capital mais de le reporter sur le prix de vente placé - ce qu'on appelle le remploi de l'usufruit. Dans ce cas, votre mère conserve l'usufruit sur la somme placée et perçoit les intérêts, tandis que les enfants détiennent la nue-propriété des fonds.

Que se passe-t-il si un enfant nu-propriétaire refuse de signer ?

C'est une situation délicate mais réelle. Si un ou plusieurs enfants refusent de signer l'acte de vente, la vente ne peut pas avoir lieu - chaque nu-propriétaire doit donner son accord. En cas de blocage, plusieurs pistes existent :

  • La médiation familiale, qui permet souvent de débloquer la situation sans passer par les tribunaux ;
  • Une action en justice pour sortie d'indivision, si le bien est en indivision entre les parties ;
  • Dans des cas exceptionnels, le juge de paix peut intervenir si le refus nuit gravement aux intérêts de l'usufruitière.

La voie judiciaire reste longue et coûteuse : la médiation en amont est presque toujours préférable.

4. Qui doit signer lors de la vente ?

La question de savoir si vous devez signer en tant qu'enfant dépend entièrement de la situation de propriété :

  • Maman est pleine propriétaire :
    Seule votre mère signe l'acte de vente. Les enfants ne sont juridiquement pas parties à l'acte.
  • Maman est copropriétaire avec les enfants (par exemple 50 % pour maman, 50 % répartis entre les enfants) :
    Tous les copropriétaires doivent marquer leur accord et signer.
  • Maman n'a que l'usufruit, les enfants sont nus-propriétaires :
    L'usufruitière (maman) ainsi que tous les nus-propriétaires (les enfants) doivent signer.

Si des enfants mineurs sont impliqués en tant que copropriétaires ou nus-propriétaires, l'autorisation du juge de paix est souvent également nécessaire pour procéder à la vente.

Le rôle du notaire dans la vérification des signatures

Le notaire instrumentant a l'obligation de s'assurer que toutes les parties présentes à l'acte ont bien la capacité juridique de signer et qu'elles agissent librement. Si le notaire a le moindre doute sur la capacité de discernement de votre mère - par exemple s'il la rencontre pour la première fois et qu'elle semble désorientée - il peut refuser de passer l'acte et recommander une évaluation médicale ou la mise en place d'une protection. Ce contrôle est une garantie importante pour toutes les parties.

5. Qu'en est-il de « notre héritage » et de l'égalité de traitement ?

Le fait que vous puissiez difficilement faire valoir quoi que ce soit juridiquement du vivant de votre mère ne signifie pas que la façon dont elle gère sa maison et son patrimoine est sans importance. La Belgique connaît le principe des héritiers réservataires : les enfants ont droit à une part minimale protégée de la succession. Si un parent avantage excessivement ou appauvrit son patrimoine au profit d'un enfant ou d'un tiers du vivant, cela peut être remis en question lors du règlement de la succession.

Quelques points importants :

  • Les donations (par exemple d'une partie du produit de la vente) sont généralement rapportées et imputées ultérieurement entre les enfants.
  • Si un parent va « trop loin » dans la dilapidation du patrimoine au point de porter atteinte à la réserve des enfants, une réduction peut être demandée après le décès.
  • Pour éviter les conflits familiaux, il est judicieux de discuter des grandes transactions de façon transparente et, si nécessaire, de les faire acter par le notaire.

Quelle est exactement la réserve des enfants en droit belge ?

Depuis la réforme du droit successoral entrée en vigueur le 1er septembre 2018, la réserve globale des enfants est fixée à la moitié de la succession, quelle que soit leur nombre. Autrement dit, si votre mère a trois enfants, la moitié de ce qu'elle laisse au moment de son décès doit revenir aux enfants réunis - soit environ un sixième chacun à titre de réserve individuelle. L'autre moitié constitue la « quotité disponible », dont votre mère peut disposer librement en faveur de qui elle le souhaite.

Ce qui compte pour calculer si la réserve est respectée, c'est la masse fictive : on additionne ce qui reste dans la succession au moment du décès plus la valeur des donations consenties de son vivant. Si la somme de ces donations empiète sur la réserve des enfants, ceux-ci peuvent demander une réduction après le décès - pas avant.

En d'autres termes : vous ne pouvez pas bloquer la vente sans motif valable, mais il existe des mécanismes juridiques pour veiller à ce qu'un enfant ne soit pas avantagé de manière excessive au détriment des autres.

6. Vendre la maison du vivant de maman et l'incapacité de discernement

Une exception importante à la règle « maman décide » est la situation où elle n'est plus capable de discernement, par exemple en raison d'une démence, d'un accident grave ou d'une autre affection. Dans ce cas, elle ne peut plus juridiquement vendre un bien immobilier de façon autonome.

Deux possibilités s'offrent alors :

  • il existe un mandat de protection extrajudiciaire qu'elle a établi antérieurement, dans lequel une ou plusieurs personnes (conjoint, enfant, personne de confiance) reçoivent le pouvoir d'agir en son nom, éventuellement sous le contrôle du juge de paix ;
  • il n'existe pas de mandat : le juge de paix doit désigner un administrateur, qui peut prendre des décisions sous contrôle, y compris éventuellement la vente de la maison.

Dans les deux cas, le principe reste le même : la décision doit être prise dans l'intérêt de la mère, en tenant compte de ses soins et de sa sécurité financière.

Anticiper : pourquoi établir un mandat de protection maintenant ?

Le mandat de protection extrajudiciaire - parfois appelé « mandat-procuration » - est un document établi chez le notaire par lequel votre mère désigne de son plein gré une personne de confiance pour gérer ses affaires si elle venait à perdre ses facultés. Ce mandat peut être général ou limité à certains actes, comme la vente d'un bien immobilier précis. Il peut aussi prévoir des conditions ou des contrôles supplémentaires (accord d'un autre enfant, rapport annuel au juge de paix, etc.).

L'avantage par rapport à une administration judiciaire est considérable : la procédure est plus souple, moins coûteuse, et votre mère garde la main sur le choix de la personne qui agira en son nom. En Belgique, ce type de mandat doit être enregistré au Registre Central des Mandats de Protection (tenu par la Fédération du Notariat) pour être opposable aux tiers. Si votre mère est encore en bonne santé aujourd'hui, c'est le moment idéal pour y réfléchir - sans attendre qu'une situation d'urgence impose une solution judiciaire.

7. La dimension émotionnelle : parler, ça aide

Au-delà des règles juridiques, vendre la maison du vivant de maman est souvent un parcours émotionnellement difficile. La maison familiale est le symbole de l'histoire et des souvenirs de la famille. En tant qu'enfant, il est normal d'avoir des questions :

  • Maman en a-t-elle vraiment besoin financièrement ?
  • Tout le monde sera-t-il traité équitablement plus tard ?
  • Et si la maison est vendue « pour une bouchée de pain » ?

Il est utile de :

  • engager le dialogue ouvertement, par souci, et non par revendication ;
  • encourager votre mère à discuter de ses souhaits concernant l'héritage, les donations et le logement avec un notaire ;
  • faire consigner par écrit les accords familiaux si nécessaire, afin que chacun sache à quoi s'en tenir.

Vous éviterez ainsi que des frustrations couvent dans l'ombre et ne débouchent sur des conflits qu'après un décès.

Quand la médiation familiale vaut-elle la peine ?

Quand les tensions sont fortes et que les discussions directes tournent en rond, faire appel à un médiateur familial agréé peut changer la donne. Le médiateur est un tiers neutre, formé pour aider les familles à communiquer sur des sujets sensibles comme l'argent et l'héritage. En Belgique, la médiation familiale est encadrée par la Commission fédérale de Médiation et les médiateurs agréés figurent sur une liste officielle. Une ou deux séances suffisent parfois pour dégager un accord là où des mois de tensions semblaient avoir bloqué toute discussion.

8. Étape pratique : l'estimation objective du bien

Que votre mère vende à un tiers ou éventuellement à l'un des enfants, une estimation objective du bien est indispensable. C'est important :

  • pour éviter toute contestation liée à une vente « trop bon marché » ou « trop chère » ;
  • pour établir clairement, lors d'une vente à un enfant, quelle partie constitue la vente et quelle partie est éventuellement considérée comme une donation ;
  • pour pouvoir régler équitablement, lors de la succession, ce qui a déjà eu lieu.

Un agent immobilier expérimenté peut estimer la valeur marchande sur la base de la situation, de l'état du bien, du certificat PEB, des superficies et des transactions récentes dans le quartier. Votre mère obtient ainsi une idée réaliste de ce que vaut sa maison aujourd'hui, et les éventuelles donations ou accords peuvent être mieux étayés.

Estimation par un agent ou expertise judiciaire : quelle différence ?

Il existe deux niveaux d'estimation :

  • L'estimation commerciale réalisée par un agent immobilier : gratuite ou peu coûteuse, basée sur les comparables du marché, suffisante dans la grande majorité des cas pour fixer un prix de vente ou pour étayer un accord familial ;
  • L'expertise judiciaire ou l'évaluation par un expert immobilier agréé (expert IPI) : plus formelle, avec rapport écrit et motivation détaillée, nécessaire si la valeur du bien risque d'être contestée en justice ou si le notaire l'exige dans le cadre d'une vente à un enfant avec composante de donation.

Pour la plupart des familles, une bonne estimation par un agent local connaissant bien le marché du quartier est amplement suffisante comme point de départ. Si la situation familiale est complexe - vente à un enfant, présence de plusieurs héritiers aux intérêts divergents, suspicion de sous-évaluation - une expertise formelle est préférable.

Si vous souhaitez examiner avec votre mère ce qu'une vente rapporterait concrètement aujourd'hui et comment cela s'inscrit dans ses projets financiers et familiaux, une bonne estimation est une première étape logique. Grâce à une estimation gratuite par un agent immobilier local, vous obtenez rapidement une idée de la valeur marchande de la maison. Cela apaise les échanges au sein de la famille et constitue un solide point de départ pour les décisions ultérieures concernant la vente, les donations et la planification successorale.

Questions fréquentes

Les enfants peuvent-ils empêcher leur mère de vendre sa maison ?

En règle générale, non. Si votre mère est pleine propriétaire et capable de discernement, elle est libre de vendre son bien sans l'accord de ses enfants. Les enfants n'ont aucun droit juridiquement exigible sur la maison tant que leur mère est en vie. Seul un problème avéré de capacité de discernement - démence, manipulation, incapacité médicalement constatée - peut justifier une intervention judiciaire pour protéger les intérêts de votre mère.

Que se passe-t-il si maman vend la maison et dépense tout le produit avant de mourir ?

Juridiquement, votre mère est libre d'utiliser le produit de la vente comme elle le souhaite de son vivant. Si elle dépense tout, les enfants n'auront simplement pas cet actif dans la succession. Toutefois, si elle réalise des donations importantes à un tiers ou à l'un des enfants au détriment des autres, celles-ci seront prises en compte dans le calcul de la masse successorale fictive. Si ces donations empiètent sur la réserve héréditaire des enfants, une action en réduction est possible après le décès.

Maman peut-elle vendre la maison à l'un de ses enfants moins cher que la valeur du marché ?

Oui, mais avec des conséquences importantes. La différence entre le prix réel de vente et la valeur marchande peut être requalifiée en donation par le notaire ou l'administration fiscale. Cette donation sera alors rapportée à la succession au moment du décès et prise en compte dans le calcul des parts héréditaires. Les autres enfants pourront demander une réduction si leur réserve héréditaire est atteinte. Pour éviter tout litige, il est recommandé de faire estimer le bien par un professionnel et de documenter la transaction clairement.

Si papa est décédé et que maman a l'usufruit, les enfants peuvent-ils vendre sans elle ?

Non. Les enfants nus-propriétaires ne peuvent pas vendre la pleine propriété du bien sans l'accord de l'usufruitière. Ils peuvent théoriquement vendre leur nue-propriété seuls, mais un acheteur extérieur sera rarement intéressé par une nue-propriété grevée d'un usufruit. Pour vendre la pleine propriété avec toutes ses valeurs, l'accord de toutes les parties - usufruitière et nus-propriétaires - est indispensable.

Comment la valeur de l'usufruit de maman est-elle calculée lors de la vente ?

Le notaire utilise des tables actuarielles officielles basées sur l'espérance de vie de votre mère. Plus elle est âgée, plus la valeur de l'usufruit est faible. La valeur résultante est déduite du prix de vente total et versée à votre mère ; le reste revient aux enfants nus-propriétaires. Il est aussi possible de reporter l'usufruit sur le capital obtenu (remploi de l'usufruit), de sorte que votre mère perçoive les intérêts de la somme placée sa vie durant.

Un enfant qui rachète la maison familiale bénéficie-t-il d'un tarif réduit sur les droits d'enregistrement ?

Non, en règle générale. Un enfant qui achète la maison de sa mère est traité comme n'importe quel acquéreur pour le calcul des droits d'enregistrement. Il peut toutefois bénéficier des abattements ou tarifs réduits qui existent dans sa région si les conditions habituelles sont remplies (habitation propre et unique, revenus cadastraux sous plafond, etc.). Les liens familiaux ne donnent pas automatiquement droit à un tarif préférentiel sur les droits d'enregistrement en Belgique.

Faut-il l'accord du juge de paix si l'un des enfants est mineur ?

Oui. Lorsqu'un enfant mineur est nu-propriétaire ou copropriétaire du bien à vendre, ses parents ou tuteurs ne peuvent pas signer seuls en son nom pour un acte aussi important qu'une vente immobilière. L'autorisation préalable du juge de paix du canton où le mineur réside est nécessaire. Le juge vérifie que la vente est dans l'intérêt du mineur avant de l'autoriser. Cette procédure prend quelques semaines et doit être anticipée dans le calendrier de la vente.

Que faire si on soupçonne que maman est manipulée pour vendre sa maison ?

Si vous avez des raisons sérieuses de penser que votre mère n'agit pas librement - sous l'emprise d'un tiers, d'une relation abusive ou d'une diminution de ses facultés - plusieurs recours existent. Vous pouvez saisir le juge de paix pour demander une mesure de protection (administration provisoire ou définitive). Vous pouvez aussi contacter le notaire qui suit le dossier : il a l'obligation déontologique de s'assurer que votre mère agit librement et en connaissance de cause. Si une vente a déjà eu lieu dans des conditions frauduleuses, une action en nullité peut être intentée, mais elle est difficile à obtenir et nécessite des preuves solides.

Questions fréquentes

Les enfants peuvent-ils empêcher leur mère de vendre sa maison ?

En règle générale, non. Si votre mère est pleine propriétaire et capable de discernement, elle est libre de vendre son bien sans l'accord de ses enfants. Les enfants n'ont aucun droit juridiquement exigible sur la maison tant que leur mère est en vie. Seul un problème avéré de capacité de discernement - démence, manipulation, incapacité médicalement constatée - peut justifier une intervention judiciaire pour protéger les intérêts de votre mère.

Que se passe-t-il si maman vend la maison et dépense tout le produit avant de mourir ?

Juridiquement, votre mère est libre d'utiliser le produit de la vente comme elle le souhaite de son vivant. Si elle dépense tout, les enfants n'auront simplement pas cet actif dans la succession. Toutefois, si elle réalise des donations importantes à un tiers ou à l'un des enfants au détriment des autres, celles-ci seront prises en compte dans le calcul de la masse successorale fictive. Si ces donations empiètent sur la réserve héréditaire des enfants (fixée à la moitié de la succession depuis la réforme de 2018), une action en réduction est possible après le décès.

Maman peut-elle vendre la maison à l'un de ses enfants moins cher que la valeur du marché ?

Oui, mais avec des conséquences importantes. La différence entre le prix réel de vente et la valeur marchande peut être requalifiée en donation par le notaire ou l'administration fiscale. Cette donation sera rapportée à la succession au moment du décès et prise en compte dans le calcul des parts héréditaires. Les autres enfants pourront demander une réduction si leur réserve héréditaire est atteinte. Pour éviter tout litige, il est recommandé de faire estimer le bien par un professionnel avant la vente.

Si papa est décédé et que maman a l'usufruit, les enfants peuvent-ils vendre sans elle ?

Non. Les enfants nus-propriétaires ne peuvent pas vendre la pleine propriété du bien sans l'accord de l'usufruitière. Ils peuvent théoriquement vendre leur nue-propriété seuls, mais un acheteur extérieur sera rarement intéressé par une nue-propriété grevée d'un usufruit. Pour vendre la pleine propriété avec toutes ses valeurs, l'accord de toutes les parties - usufruitière et nus-propriétaires - est indispensable.

Comment la valeur de l'usufruit de maman est-elle calculée lors de la vente ?

Le notaire utilise des tables actuarielles officielles basées sur l'espérance de vie de votre mère. Plus elle est âgée, plus la valeur de l'usufruit est faible. À titre indicatif, l'usufruit d'une personne de 70 ans représente environ 25 à 30 % de la valeur totale du bien, contre moins de 10 % pour une personne de 85 ans ou plus. La valeur résultante est versée à votre mère ; le reste revient aux enfants nus-propriétaires. Il est aussi possible de reporter l'usufruit sur le capital obtenu (remploi de l'usufruit), de sorte que votre mère perçoive les intérêts de la somme placée sa vie durant.

Un enfant qui rachète la maison familiale bénéficie-t-il d'un tarif réduit sur les droits d'enregistrement ?

Non, en règle générale. Un enfant qui achète la maison de sa mère est traité comme n'importe quel acquéreur pour le calcul des droits d'enregistrement. Il peut toutefois bénéficier des abattements ou tarifs réduits qui existent dans sa région si les conditions habituelles sont remplies (habitation propre et unique, revenus cadastraux sous plafond, etc.). Les liens familiaux ne donnent pas automatiquement droit à un tarif préférentiel sur les droits d'enregistrement en Belgique.

Faut-il l'accord du juge de paix si l'un des enfants est mineur ?

Oui. Lorsqu'un enfant mineur est nu-propriétaire ou copropriétaire du bien à vendre, ses parents ou tuteurs ne peuvent pas signer seuls en son nom pour un acte aussi important qu'une vente immobilière. L'autorisation préalable du juge de paix du canton où le mineur réside est nécessaire. Le juge vérifie que la vente est dans l'intérêt du mineur avant de l'autoriser. Cette procédure prend quelques semaines et doit être anticipée dans le calendrier de la vente.

Que faire si on soupçonne que maman est manipulée pour vendre sa maison ?

Si vous avez des raisons sérieuses de penser que votre mère n'agit pas librement - sous l'emprise d'un tiers, d'une relation abusive ou d'une diminution de ses facultés - plusieurs recours existent. Vous pouvez saisir le juge de paix pour demander une mesure de protection (administration provisoire ou définitive). Vous pouvez aussi contacter le notaire qui suit le dossier : il a l'obligation déontologique de s'assurer que votre mère agit librement et en connaissance de cause. Si une vente a déjà eu lieu dans des conditions frauduleuses, une action en nullité peut être intentée, mais elle est difficile à obtenir et nécessite des preuves solides.

Aylin Mustafa

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